Quatre questions pour comprendre la coloration naturelle

Les salons de beauté bio ne tarissent pas d’éloges pour la coloration naturelle, cette manière de colorer les cheveux à base de plantes. En quoi diffèrent-elles des colorations classiques, et sont-elles réellement efficaces ? Décryptage avec Simon Assoun, co-fondateur du salon de coiffure Biocoiff.

  • Quelle est la différence avec les colorations « classiques » ?

La manière d’agir sur le cheveu est totalement différente. Les colorations chimiques, dites d’oxydation, « ouvrent » les écailles du cheveux, en retirent la pigmentation naturelle jusqu’à ce que les cheveux deviennent blancs. Puis, elle est remplacée par la couleur artificielle, et pour finir les écailles sont refermées, pour que la couleur tienne. Un processus qui, a répétition, est nocif pour les cheveux selon Simon Assoun. « On perd de la résistance, de l’élasticité et de la brillance, explique-t-il. Ceux qui font des colorations chimiques à répétition finissent par avoir les cheveux ternes, comme du charbon. C’est très mauvais pour la santé du cheveu. »

Les colorations naturelles s’inspirent elles d’une tradition de la coloration à partir de plantes qui remonte à l’Egypte antique. Les couleurs végétales ne contiennent pas de produits chimiques. Les plantes sont réduites en poudres et mélangées à de l’eau chaude. « La coloration végétale ne touche pas à la fibre capillaire des cheveux, elle les enrobe, détaille Simon Assoun. Les pigments s’agrègent naturellement autour des cheveux, et le gainent. »

  • Comment se déroule une coloration naturelle ?

Dans le salon de Simon, les coiffeurs réalisent un mélange de poudres de plantes personnalisé pour chaque cliente. Chaque pigment est choisi et dosé en fonction de la nature, de la couleur des cheveux et l’effet attendu. Un mélange dont l’odeur évoque plutôt les épinards que l’ammoniac caractéristique des couleurs classiques.

L’autre différence, c’est le temps de pose, beaucoup plus long lorsque l’on se fait une coloration naturelle. Celui-ci varie en fonction des plantes choisies, de la couleur des cheveux et de leur nature. « Les colorations classiques contiennent beaucoup de composés chimiques, cela va donc plus vite. La nature fait les choses plus lentement. Et on utilise ici la chaleur pour faire en sorte que la couleur tienne. » Car oui, pendant tout ce temps de pose, il faut rester sous le casque à chaleur.

  • Les colorations naturelles offrent-elles les mêmes possibilités que les colorations chimiques ?

C’est la principale limite des colorations naturelles. Comme elles ne décolorent pas les cheveux, il n’est pas toujours possible d’avoir la couleur que l’on souhaite. « En coloration chimique, il est possible de retirer les pigments naturels des cheveux bruns afin de les décolorer, puis de les teindre en blond, expose Simon Assoun. On ne peut pas faire cela en coloration naturelle. On a pas encore trouvé de plante qui décolore les cheveux ! »

Exit donc les bleus et verts fluo. On ne peut que foncer les cheveux en coloration végétale, et seulement de quelques tons. Par contre, Simon assure que tout est possible sur cheveux blancs : « C’est comme une toile vierge. Il est parfaitement possible de teindre des cheveux blancs en blond. » Parmi les idées reçues sur les couleurs naturelles, il y a cette croyance qu’elle ne couvrent pas bien les cheveux blancs. « C’est faux, assure Simon. On a certaines clientes qui viennent spécialement pour teindre leurs cheveux blancs. Si ça ne marchait vraiment pas, elle ne reviendraient pas ! »

  • Pourquoi sont-elles considérées comme des soins ?

Deux types de plantes sont contenues dans les colorations naturelles. Les plantes tinctoriales (henné, indigo etc.), qui colorent les cheveux, et les plantes ayurvediques (amla, bhringaraj, shikakaï), qui viennent de la médecine traditionnelle indienne, et soignent la fibre des cheveux.

De plus, les pigments naturels, en enrobant les cheveux, les protègent et les renforcent, mais sans les étouffer. « Une fois la coloration finie, on dit aux clientes ‘allez-y touchez vos cheveux’, raconte Simon Assoun. Et là, elles ont l’impression que leurs cheveux sont plus épais, qu’il y a de la matière en plus. Celles qui ont les cheveux fins sont ravies. »

De cette façon, plus besoin d’utiliser de produits « spécial couleur » ou « réparateurs » vendus par les grandes marques du secteur cosmétique. « Dans notre salon, on dénonce un peu la stratégie des grandes marques : elles vous abîment le cheveu avec les couleurs chimiques, et ensuite vous proposent des produits pour le réparer, dénonce Simon Assoun. Mais ces produits vont en réalité l’abîmer encore plus, parce que ce sont des produits issus de la cosmétique pétrochimique. »

Chloé Fiancette

Photo : Corey Bazolovitch, Flickr

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