Il n’y a pas que l’eau qui tombe du ciel : Anatomie d’une goutte de pluie

     La pluie mouille, cela est une évidence. Ce qui l’est moins, c’est qu’il n’y a pas que l’eau qui tombe du ciel. Lors d’une averse, les gouttes de pluie entrainent dans leur chute de nombreux composants chimiques et autres poussières.

Raindrop

 Portrait d’une eau « impure »

 

Comment se forme une goutte de pluie?

L’eau que l’on retrouve dans le ciel nous provient directement des océans, des fleuves. Sous la chaleur du soleil, les molécules d’eau parviennent à briser la force d’attraction qui les maintenait sous forme liquide pour s’échapper dans l’atmosphère.

Au cours de ce phénomène, appélé évaporation, l’eau se décharge de la plupart de ses composants minéraux. Pour prendre un exemple éditiant, une eau en bouteille contient 80 fois plus de calcium(67,5 mg/L) que la composition moyenne d’eau de pluie tombée en France (0,8mg/L).

L’eau s’évapore et les minéraux restent.

Toutefois, les molécules d’eau ne restent pas appauvries bien longtemps dans l’atmosphère.

Les capacités chimiques de l’eau en font un élément très soluble qui lui permet de s’allier facilement à d’autres éléments. A l’état gazeux, les molécules d’eau se regroupent ainsi rapidement autour d’un noyau.

Ce dernier peut prendre plusieurs formes:

 

La pluie, semeuse du désert

Lorsque les conditions de pression et de température sont réunies, les gouttes d’eau se transforment en gouttes de plus grande taille jusqu’à ce que celles-ci deviennent trop lourdes et tombent. Les molécules de pluie alors rassemblées autour du noyau emportent dans leur chute les autres particules présentes dans l’atmosphère.

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Avez-vous déjà observé une fine couche de poussière orange sur votre voiture au lendemain d’une nuit de pluie?

Cette poussière est une des preuves des propriétés de transportation de la pluie.

Elle nous vient même tout droit du Sahara, nous a confirmé Michel Meybec, directeur du CNRS.

Pluie, vecteur de pollution

Si la pluie peut nous apporter un peu du désert de l’autre côté de l’équateur que peut-elle nous apporter d’autres?

Anne Probst, chercheuse au laboratoire écologie fonctionnelle et environnement, et spécialiste des pluies acides nous a répondu. Les émissions de gaz, elles aussi, se retrouvent dans l’atmosphère et sont emportés dans les précipitations, explique-t-elle. Certaines études nous montrent que certains gaz qui sortent des usines à Toulouse peuvent ainsi se retrouver dans des endroits aussi éloignés que Tokyo.

Cela peut causer des problèmes environmentaux importants et c’est précisement ce qu’il s’est passé dans les années 80 avec les pluies acides.

Lorsque des gaz tels que l’azote ou le sulfate sont relâchés en grande quantité dans l’atmosphère, ils ont pour effet d’augmenter le niveau d’acidité de la pluie. Le niveau d’acidité normal d’eau de pluie est un pH égal à 5,6 mais lors des pluies acides, ce pH peut atteindre un niveau 5 ou 4. Bien que ces pluies n’ont eu pas un effet direct sur la santé humaine, elles en ont eu un sur la santé des écosystèmes.

« Et nous sommes à la fin de la chaîne alimentaire. » rappelle Anne Probst.

 

La pluie n’est donc pas sale en elle même. Mais si elle est capable de transporter des composants chimiques produit du bout du monde à une autre, une coopération internationale sur le sujet semble nécessaire pour remédier à cette « pollution transfrontière »pour reprendre le terme de la chercheuse.

 

Photo par @YannSchreiber

 

@O_Cornevin

 

 

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