Une « French Tech » aux effets limités

Lors de ses vœux à la French Tech, le ministre de l’Economie a annoncé le lancement de 6 nouvelles antennes de la French Tech à l’international. Emmanuel Macron souhaite aller « encore plus fort » sur l’application du dispositif qui doit selon lui contribuer à « transformer le pays ». Près de trois ans après le lancement de cet écosystème de start-ups, quel bilan en tirer ?

Quel est le point commun entre les start-ups Capitaine Train, KissKissBankBank et Blablacar ? Toutes trois appartiennent à la « French Tech », créée en 2013.  Ces entreprises stars, souvent mises en avant, incarnent à elles seules la réussite du label lancé par Fleur Pellerin. Incarnée par ces quelques leaders, la réussite est éclatante. Élargie à l’ensemble des start-up labellisées, le bilan apparaît un peu plus nuancé, en dépit d’un dispositif qui se veut « innovant ».

Une stratégie marketing avant tout

A rebours de certaines politiques publiques menées par le passé, la French Tech ne se focalise pas sur l’octroi de subventions à des entreprises ciblées. Il s’agit avant tout d’un label, attribué à des métropoles qui doit permettre de gagner en visibilité, notamment à l’international.

Les résultats sont au rendez-vous pour les villes qui obtiennent le sésame, assurent les principaux intéressés. « On se sent reconnus et plus crédibles », estime Jonathan Bonzy, membre du comité exécutif de Digital Grenoble, labellisé en octobre 2014. Laure de la Raudière, députée (LR) d’Eure-et-Loire et spécialiste du numérique renchérit : « Le label French Tech, c’est de la communication ! Mais en économie, c’est important aussi. »

Au total, l’ensemble fonctionne avec un budget de 15 millions d’euros. « Ce n’est pas suffisant, mais c’est positif », note encore la parlementaire. Sur le terrain, certains effets concrets -certes limités- commencent même à se faire sentir. Jonathan Bonzy constate, par exemple, « un impact sur la création de start-ups, plus nombreuses » depuis deux ans au sein de l’écosystème grenoblois.

« La partie immergée de l’iceberg »

Pour renforcer le dispositif, on a fait appel à quelques vieilles recettes. Une enveloppe de 200 millions d’euros, alimentée par BPIFrance, a été annoncée en mars 2014 pour soutenir les projets. Problème, « seuls trois ont été retenus » pour l’instant en France, rappelle Jonathan Bonzy. En cause, un cahier des charges « très précis » pour obtenir les fonds. « BPIFrance nous rappelle qu’elle reste une banque », sourit l’entrepreneur grenoblois. L’aide promise et vantée par le ministère de l’Economie semble donc bien peu accessible aux entreprises.

Pour l’instant, donc, La French Tech s’apparente surtout à une enveloppe marketing à destination des start-ups. Sur ce point, Laure de la Raudière dénonce la vision étriquée du numérique portée par l’Etat. « Emmanuel Macron ne voit que la partie immergée de l’iceberg. Le monde numérique ne se limite pas aux start-ups ! » Selon elle, toutes les entreprises sont concernées par ces nouveaux enjeux et « aucune ne doit être mise de côté ». Pour élargir le spectre de la French Tech, une « phase 2 » du dispositif pourrait inclure des PME et des ETI.

 

Hadrien BECT

 

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