Le Jazz Parisien à l’américaine

C’est dans l’entre-deux-guerres, lors des « années folles » que se développe le jazz à Pigalle. Ce sont les soldats américains qui importent ce style musical dans les rues de Paris, tandis que Joséphine Baker en est la star dans les cabarets du quartier. En 1932, Django Reinhardt, le célèbre guitariste belge et pionnier du jazz manouche, devient membre de l’association le Hot Club de France, le premier endroit pour la promotion du jazz en France. Sept ans plus tard, Duke Ellington, le chef d’orchestre américain, découvre le guitariste et le fait venir à New York. C’est après le succès de Reinhardt aux Etats-Unisque plusieurs musiciens américains décident de quitter leur pays pour la France.

Après la Seconde Guerre mondiale, Saint-Germain-des-Prés devient le berceau du jazz à Paris. Les bars de jazz deviennent tellement populaires que la revue Jazz Hot compare le quartier à Harlem, en référence à ce quartier new-yorkais très dynamique. En 1946, le Caveau de la Huchette, toujours ouvert au 5, rue de la Huchette, devient le « temple du swing » et le premier jazz club à Paris. Pourtant, à cette époque, le jazz est toujours considéré comme la musique de « sauvages». L’historien Ludovic Tournès estime qu’il y avait seulement « entre 2000 et 3000 amateurs [de jazz] parisiens après la guerre». Néanmoins, le jazz continue de plaire aux étudiants des classes moyennes et supérieures et en 1960, le nombre d’amateurs se compte en dizaine de milliers à Paris. (avec une hausse d’amateurs entre 10,000 et 20,000 à dans la ville.

En 1983, le jazz hub s’installe entre Châtelet et le Centre Pompidou, plus précisément dans la rue des Lombards. Le Sunset bar devient le premier jazz bar dans le quartier au 60, rue des Lombards et reçoit Miles Davis et Herbie Hancock entre autres. La même année, les frères Gibson achètent le bâtiment juste à côté, au 58, rue des Lombards, pour créer Le Baisser Salé (le baiser). Un an plus tard au 42, rue des Lombards, Le Duc des Lombards est créé et consacre l’avènement du « triangle d’or du jazz » à Paris, devenant la destination la plus recherché des musiciens américains. Ces trois bars accueillent toujours des amoureux de la musique. En 2001, le Sunset accueil un petit frère, le Sunside, destiné au jazz électrique.

À ce jour, plusieurs musiciens américains continuent leur pèlerinage à Paris. Pour eux, c’est une ville emplie de nostalgie que leur offre l’opportunité de jouer dans les bars qui ont vu passer les grandes célébrités du jazz.

 

Tatiana Reiter 

@TatianaReiter

Photo: Duc de Lombards

 

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