Ils ont abandonné le train pour le covoiturage (et expliquent pourquoi)

Même si la Sncf enregistre une hausse de 0,4 % du nombre de ses passagers TGV en 2015, elle n’en revient pas moins de trois années successives de recul. En cause, la concurrence du covoiturage qui ne cesse de séduire de plus en plus de Français. Et pas seulement des étudiants. Entre 2010 et 2014, l’âge moyen des membres du site Blablacar est par exemple passé de 29 à 34 ans. La majorité des conducteurs sont notamment des cadres. Alors comment expliquer le fait qu’ils passent du train au covoiturage ?

<< Je suis passée au covoiturage parce qu’il n’y avait pas de gare Sncf à proximité du lieu où j’allais passer mes vacances. Je n’avais pas le choix >>.

Comme Marine, étudiante, beaucoup de Français se lancent dans l’aventure du covoiturage. Par choix ou par dépit, ils acceptent de partir en voiture avec des inconnus. Objectif, réduire le coût du voyage, passer un bon moment ou encore faire des rencontres.

Nous avons recueilli les témoignages de plusieurs convertis. Ils nous ont fait part des raisons qui ont motivé leur choix.

  • Le prix. Premier motif qui fait que les Français abandonnent de plus en plus le train. Si vous souhaitez vous rendre à Lyon en partant de Paris par exemple, aujourd’hui 29 janvier, comptez 55 euros pour un train low-cost Ouigo de la Sncf et entre 20 et 30 euros pour un covoiturage. Sachant que vous devrez attendre 17H52 pour prendre votre Ouigo alors que vous pouvez partir dans 20 minutes en covoiturage.

 

  • Les relations sociales. Voyager avec d’autres passagers, pouvoir discuter joue également dans le choix du covoiturage. Pour Anna, 24 ans, « on peut parler avec des gens. Des trajets qui durent deux heures et sont ennuyeux passent beaucoup plus vite quand on est accompagné >>.

 

  • Le confort. En voiture, on peut s’arrêter quand on le souhaite, faire des pauses ou encore dormir. « Et puis au moins en voiture on ne se retrouve jamais en sens inverse ! » s’exclame Anna, qui se souvient des trajets inconfortables qu’elle a pu faire précédemment.

 

  • La praticité. « Avec le covoiturage, on trouve des trajets impossibles à faire sans la voiture parce qu’il n’y a pas de moyen de transport qui passe par là. Si on veut aller de Reims à Rouen par exemple, en train il faut repasser par Paris. Alors qu’en voiture, on y va directement » explique Kevin Deniau, employé chez Blablacar. Les horaires sont également plus flexibles. Des départs sont possibles tous les quarts d’heure de Paris à Nantes par exemple. Les réservations de dernière minute représentent une grande majorité des réservations pour le site internet. La cause ? « Les prix n’évoluent pas dans le temps. Que l’on se décide aujourd’hui ou demain, le prix sera le même » ajoute-t-il.

Certains éléments limitent encore le passage du train au covoiturage pour certains usagers. Difficile de faire confiance à des inconnus.  Marine raconte par exemple qu’elle a commencé le covoiturage à 18 ans. <<Au départ mes parents avaient un peu peur. Il ne fallait choisir que les profils avec photo sinon ils n’avaient pas confiance.>> Afin de récupérer ces anciens usagers du train et d’empêcher de nouveaux départs, la Sncf compte doubler son offre low-cost en 2016.

données blablacar
Profil type des utilisateurs du site de covoiturage.

 

 

Alexandra Vieira

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