Attentats : la jeunesse parisienne frontiste sort de son silence

Onze jours après les attentats du 13 novembre, le Front National Jeunesse recommence à élever la voix. Ses membres, tous jeunes et Parisiens pour la plupart, ont subi de plein fouet le choc des attentats. Mais la douleur n’a pas effacé la révolte : les revendications de janvier, après l’attaque de Charlie Hebdo et de l’Hypercasher, reviennent plus que jamais sur le devant de la scène.

 

Le 19 novembre 2015, Gaëtan Dussausaye, directeur du Front national jeunesse (FNJ), a retweeté une affiche du FNJ qui avait été créée à l’époque des attentats de janvier. Intitulée « Parlons-en ! », l’affiche représente Manuel Valls, François Hollande et Nicolas Sarkozy en trois singes de la sagesse, respectivement aveugle, muet et sourd. L’« RPS » (à prononcer comme la maladie vénérienne) est accusé de rester aveugle au fondamentalisme islamique et, surtout, de ne pas oser prendre les mesures suffisantes pour le combattre.

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Capture d’écran d’un tweet de Gaëtan Dussausaye du 19 novembre 2015, retweeté par le compte officiel du FNJ.

Interrogé par Monomania, le jeune homme de 21 ans est péremptoire. « Il y a eu une période de deuil, au cours de laquelle nous n’avons pas développé de position politique. L’heure était à l’hommage aux victimes, qui pour la plupart avaient notre âge. Maintenant que le deuil est enterré, on peut et on doit rentrer dans la phase de débat qui s’impose. »

 

« Quand des jeunes tuent des jeunes, en France » : le deuil et la révolte des jeunes nationalistes

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Capture d’écran d’un tweet de Gaëtan Dussausaye du 17 novembre.

Si le FNJ élève la voix, en ces jours de deuil national, ce n’est pas seulement en tant que fer de lance du Front national, mais aussi en tant que jeunes touchés et révoltés par la tragédie. « Le Bataclan, pour nous les jeunes, c’est une salle de concert où on va assez souvent. C’est d’autant plus frappant quand on connaît la salle… Ca fait froid dans le dos. », poursuit Gaëtan Dussausaye.

Une émotion partagée par tous les jeunes Parisiens. « Le 13 novembre, les attentats ont touché M. et Mme Tout-le-monde. Il y a cette phrase qu’on entend beaucoup, surtout chez les jeunes : « Ç’aurait pu être moi. ». Tout le monde est davantage frappé. » Si le choc est le même, l’émotion engendre des réactions différentes chez les jeunes frontistes. Dans les rangs du FNJ, le sentiment de révolte domine : contre l’injustice du massacre, contre le fondamentalisme islamique, mais aussi contre les politiques qu’ils rendent responsables de la tragédie.

 

Le FNJ accuse

« Parmi les terroristes du 13 novembre, deux ont été enregistrés comme des réfugiés accueillis en Grèce. », accuse Gaëtan Dussausaye. « Ça prouve qu’il y a de grands manquements par rapport aux milliers de réfugiés qui ont été accueillis au début de l’année. Et là-dessus, il va falloir réagir. L’union nationale, c’est bien, mais si c’est se réunir, crier des slogans et coller des pancartes, et ensuite ne rien faire et se retrouver avec les mêmes problèmes six mois après, je n’en vois pas vraiment l’utilité. »

Touchés par le deuil en tant que citoyens, les jeunes militants frontistes n’en accusent pas moins, non sans amertume, le gouvernement. Malgré la douleur, les cadets du FN se rangent derrière Marine Le Pen avec le hashtag #JeunesavecMarine, et clament le même message : « On vous l’avait bien dit. ».

 

Marine Jeannin

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