L’avènement du running : un sport connecté

En 2015, 7,8 millions de Français assurent courir au moins une fois par mois, soit deux millions de plus qu’en 2013. L’explosion de la course à pied n’est pas un hasard : elle s’accompagne d’une vraie révolution, à la fois technologique et sociale. 

En 2014, 41% des “runners” emportaient leur  smartphone pour aller courir. Un chiffre qui illustre l’avènement d’une pratique renouvelée : celle du running. Le jogging, terme longtemps emprunté pour définir ce sport solitaire et démodé qu’est la course à pied, a trouvé son successeur. Depuis plusieurs années, avec un bond en 2011 notamment, le “running” se développe et prend le pas sur le jogging, comme en atteste le nombre grandissant de recherches Google sur ce terme. Etrange. Les foulées des coureurs sont pourtant toujours les mêmes. Qu’est ce qui explique donc cette mutation ? Cette monomanie aura pour but de se questionner sur les évolutions de ce sport passé en un clic de ringard à branché.

Deux phénomènes pourraient être à l’origine de cette évolution. L’apparition d’outils liés à cette pratique, tels que les applications (Runtastic, Nike +) d’une part et l’avènement de l’aspect “collectif” de ce sport d’autre part. Connectés, les « runners » d’aujourd’hui le sont donc au moins en deux sens du terme.

En rouge :
En rouge : « jogging ». En bleu « running ».

Courir pour soi

L’augmentation fulgurante du nombre de coureurs, entre  2012 et 2015, correspond dans le temps au développement d’applications dédiées à cette pratique. Runkeeper, la première application de running à voir le jour en 2010, compte aujourd’hui plus de 45 millions d’utilisateurs dans le monde.  Et de nombreux concurrents : Nike + Running, Runtastic (racheté par Adidas en 2014), Endomondo, pour ne citer que les plus célèbres. Une simple coïncidence ? Vraisemblablement pas.

En France, un coureur sur trois utilise une application lors de sa course. Un succès pour les créateurs de ces outils, conçus pour plaire au plus grand nombre. Il existe d’ailleurs presque autant d’options et d’usages que de « runners ». Et s’ils gagnent en popularité, c’est parce qu’ils apportent une dimension nouvelle à la course. En s’auto-évaluant, le « runner » se fixe des objectifs, gagne des défis et remporte des récompenses. Mettre des chiffres sur une performance et battre ses propres records donnent à la course tout son sens. Ces outils deviennent ainsi indispensable, pour le nouveau runner qui prend plaisir à quantifier son effort comme pour le coureur expérimenté, qui use de ses technologies pour affiner ses propres exigences.

Ces applis répondent également à un rapport nouveau des « runners » à leur corps. Une étude de la FFA montre que les trois principales motivations du coureur sont : la condition physique, la bonne santé et la ligne. En calculant des données telles que les battements de cœur, la déshydratation ou  encore les calories perdues, ces applications répondent à une réelle demande du « runner » extrêmement attentif à son bien-être physique.

Courir ensemble

Du réel au virtuel, il ne faut qu’un pas au « runner » pour devenir un collectif. Il est de plus en plus commun de se retrouver pour courir, pour se serrer les coudes mais aussi pour se challenger. Une pratique largement favorisée par le développement de plateformes en ligne comme Jogg.in (« 1er réseau social de runners en France »), Jogging Buddy, et par l’accompagnement des marques de sport dans la pratique du running. A Paris, par exemple, Adidas a lancé la Boost Battle Run, une course qui oppose des équipes représentant les différents quartiers de la ville.

Les courses – plus de 6000 dans l’hexagone en 2014 – sont également de plus en plus attendues par les coureurs. Dans la capitale par exemple, il n’y a plus de dimanche sans qu’une partie de la ville ou de sa banlieue proche soit mobilisée pour une manifestation sportive.

Puis, quand l’effort est terminé, les « runners » se retrouvent sur internet. Partager ses prouesses d’entrainement et ses résultats de courses est une étape indispensable pour les 2/3 des « runners ». Les encouragements des proches et les likes récoltés sont d’autant plus de motivations pour enfiler de nouveau les baskets dès le lendemain.

Mahauld Granier

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