Les dilemmes militants de Plug’n’Play

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« Je suis le président de l’association de l’amour, c’est pas mal non ? » C’est la réponse du Martin Levandovski, le président de Plug and Play, quant à ses motivations pour  prendre la tête de l’association des lesbiennes, gays, bi, trans et queer (LGBTQ+) de Sciences Po à Paris. Et en effet, après chaque message dans les réseaux sociaux, on découvre que «Plug nous aime » dans la dernière ligne. Le Président ajoute « Venez comme vous êtes. Ça c’était le message principal que je voulais transmettre ». Et il nous explique alors que ce message n’est pas exclusivement adressé à tous les LGBTQs, mais aux hétérosexuels aussi. L’association gay de Sciences Po est-elle donc devenue une “asso pour tous” ?

L’inclusion des hétérosexuels dans une union créée pour les LGBTQs: il semble que le président de l’amour n’ait pas choisi une simple tâche. Elle devient encore plus délicate du fait de la grande divergence des identités qui se trouve déjà parmi les non-hétéros. «On a divisé l’association en trois parties afin de répondre aux intérêts distincts de ses membres. Pôle culture, pôle prévention et pôle “soirée” » explique Daphné Basuïau, la responsable de la communication de Plug and Play. Les trois pôles organisent des projections de films, des visites des expositions, des soirées dans des bars, mais aussi des discussions plus intimes concernant la sexualité ou les maladies vénériennes. « On voulait créer un safe-space où tout le monde est à l’aise, les hétérosexuels comme homosexuels ».

Pourtant, cette attitude ouverte n’était pas toujours monnaie courante. Dans les dernières années, l’association avait vu un développement de plus en plus communautariste, avec un déséquilibre entre les hommes homosexuels omniprésents et la faible présence des lesbiennes et des transgenres. Le côté militant très affirmé de certains membres de l’association a découragé des étudiants intéressés mais moins investis politiquement dans le passé commente Martin, « Et donc je me suis présenté comme président pour changer cette image. » Depuis deux semaines il travaille avec hargne, aidé et soutenu par dix membres du comité. Il s’agit pour eux de fournir un socle commun où chacun pourrait assumer et vivre sa sexualité librement sans que cela ne crée des exclusions communautaires.

Mais il y a un danger potentiel derrière cette ouverture, du moins pour ses opposants : la perte d’une identité claire de l’association dans son ensemble. Plug veut être une association « fun », mais comme communauté LGBTQ elle doit nécessairement se poser des questions assez sérieuses comme : est-ce qu’il faut avoir une opinion commune sur la question des mères porteuses ? Et est-ce que les membres doivent communiquer cette opinion publiquement? Le militantisme reste un sujet discuté en permanence – surtout quand les membres de Plug sont eux-mêmes divisés.

Pour Martin et Daphné, ce ne sont pas les solutions concrètes, mais les discussions autour de ces questions qui sont les plus importantes. Et, selon eux, elles doivent être possibles avec n’importe quelle personne intéressée par le sujet, homo- comme hétérosexuels. « Donner le soutiens distinct aux LGBTQs et ouvrir les portes de l’association aux hétéros –  Je suis convaincu que les deux marches sont possibles en même temps » souligne le Président.

Tessa Clara Walther

Crédit photo: Association Plug ‘n’ Play

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