Affluence sur le quai du RER. Flickr cc Jean-Pierre Dalbéra

Travailler à Paris et vivre en banlieue, la galère au quotidien

Un incendie s’est déclaré vendredi 9 octobre dans un local électrique situé sur le quai du RER A à Nanterre-Préfecture. Le trafic est depuis interrompu sur une partie de la branche Ouest de la ligne, ce qui s’est traduit par 3 jours de galère pour les voyageurs. 

« Mesdames et messieurs votre attention s’il vous plaît… Suite à un incident le trafic est ralenti sur l’ensemble de la ligne ». C’est par cette annonce que vendredi dernier les usagers de la ligne du RER A (1,2 million par jour) ont été avertis qu’ils ne pourraient pas emprunter le réseau pour se rendre en banlieue. 

« C’est presque tous les jours maintenant, j’entends cette phrase à longueur de temps » s’agace Marie, 24 ans, obligée de patienter une nouvelle fois sur le quai à Châtelet-les-Halles. « Quand c’est pas un malaise voyageur c’est un souci technique. Je ne compte plus les heures passées à attendre le prochain train ». Vivant à Poissy, terminus de la branche A5 du RER, la jeune femme songe à déménager plus près de Paris, quitte à payer un loyer plus élevé : « le rapport temps/argent économisé n’en vaut plus la peine », déplore-t-elle.

D’après le compte Twitter RER A  de la RATP, 55 incidents ont eu lieu en septembre 2015, ce qui équivaut à presque 2 incidents par jour, toutes natures confondues : malaise ou accident voyageur, panne, stationnement prolongé…

Ces incidents se traduisent par des ralentissements sur la ligne et donc un prolongement du temps de trajet pour les voyageurs, qui s’occupent comme ils peuvent. Eric, 47 ans, utilisateur du RER A depuis 15 ans, prend la situation avec philosophie « Ca me laisse le temps de lire. Je suis sûr que la RATP fait de son mieux, la densité du trafic ne doit pas être simple à gérer »

La RATP a en effet mobilisé des équipes 24h/24 pendant trois jours pour réparer les câbles électriques endommagés par l’incendie et a cherché à rassurer ses usagers sur les réseaux sociaux : 

Des voyageurs à bout

Mais tous les franciliens ne sont pas aussi conciliants. A la sortie de la gare du Vésinet-le-Pecq dans les Yvelines, le ras-le-bol est général et les voyageurs se plaignent du manque d’informations fournies par la RATP lors des différents incidents. Pour Nicolas, 32 ans, « rester bloqué une heure entre deux stations sans savoir pourquoi ni pour combien de temps, ce n’est vraiment pas normal ».

Sur Twitter les usagers ironisent sur les explications de la RATP à propos de l’incident de vendredi après-midi :

Pour d’autres utilisateurs du RER le risque d’incident est devenu une véritable source de stress à tel point que certains prennent de l’avance pour limiter tout retard, comme Clara, étudiante de 20 ans, qui avoue partir de chez elle avec 40 minutes d’avance sur son temps de trajet normal. Avec les ralentissements de ces derniers jours les 40 minutes se sont transformées en 1 heure 30.

Les collectifs d’usagers montent au créneau 

Jean-Louis Roura, créateur du « collectif des usagers du RER A » et lui-même utilisateur quotidien du réseau, dénonce « une faillite du système » dans une interview donnée à Métronews. Avec le collectif SOS Usagers ils a décidé de monter une liste pour les élections régionales avec pour objectif de mettre les transports au centre des préoccupations de la région Ile-de-France.

Laure-Hélène de Vriendt 

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